Nous sommes entrés dans un pays fortement militarisé et en voie de renforcement de la militarisation avec la création continue de nouveaux postes de contrôle. Nous avons observé les militaires vénézueliens imposant a leurs propres concitoyens des fouilles par le menu, a toute heure du jour et de la nuit sur les routes du sud du pays. L'obligation de figurer sur le registre militaire pour s'inscrire a l'université est récente. Cependant, l'objection de conscience n'existe pas. Les défilés patriotiques de partisans armés renforcent ce sentiment. Ils sont vêtus, en civil, de T-shirts rouges (et non roses) et affichent leur adhésion a la révolution. Ils bénéficient d'avantages sociaux flagrants, de transports particuliers, de passe-droits.
Nous avons constaté que le programme d'alphabétisation n'était peut-être pas si effectif qu'annoncé, notamment au sein des recrues militaires (lecture de passeport a l'envers). En effet, le programme est en cours. Il a cependant permis que chaque vénézuelien ait accès a l'enseignement. Pour sûr, chacun peut apprendre les rudiments de la lecture et l'écriture. Or, la qualité de l'enseignement n'est pas avérée et la disparité entre ville et campagne est frappante, creusée par les écarts de moyens financiers des parents.
Il n'empêche que l'accès a l'université est facilité par l'octroi de bourses, les transports sont quasiment gratuits pour les étudiants et les repas sont offerts. Dans les campagnes très reculées, les enseignants bénéficient d'un fort soutien pour acquérir les compétences nécessaires afin de permettre aux enfants de ne pas quitter leurs foyers a 12 ans et pouvoir passer l'équivalent du bac dans leurs villages.
Nous avons constaté que le programme d'alphabétisation n'était peut-être pas si effectif qu'annoncé, notamment au sein des recrues militaires (lecture de passeport a l'envers). En effet, le programme est en cours. Il a cependant permis que chaque vénézuelien ait accès a l'enseignement. Pour sûr, chacun peut apprendre les rudiments de la lecture et l'écriture. Or, la qualité de l'enseignement n'est pas avérée et la disparité entre ville et campagne est frappante, creusée par les écarts de moyens financiers des parents.
Il n'empêche que l'accès a l'université est facilité par l'octroi de bourses, les transports sont quasiment gratuits pour les étudiants et les repas sont offerts. Dans les campagnes très reculées, les enseignants bénéficient d'un fort soutien pour acquérir les compétences nécessaires afin de permettre aux enfants de ne pas quitter leurs foyers a 12 ans et pouvoir passer l'équivalent du bac dans leurs villages.
A ce propos, Internet est présent dans chaque village, dans les locaux de l'école ou de la communauté. Le satellite Simon Bolivar offre une connexion quotidienne dans l'ensemble du pays. Cependant, le réparateur informatique peut, lui, se faire attendre pendant un an.
Dans ces mêmes endroits, l'état aide les communautés qui s'organisent a acquérir les moyens de leur développement, notamment en fournissant des véhicules 4x4 qui permettent aux habitants de se rendre au marché pour vendre leurs productions.
Nous avons déploré voir les paysans dans les montagnes utiliser des produits chimiques a tout va. Cela génere notamment de nombreuses maladies voire des deces car l'utilisation est massive et irraisonnée.
Tout au long de la route, de grands panneaux indiquent que des territoires, jusqu'alors propriétés privées, sont devenus biens nationaux, qu'on y cultive des tomates (transgéniques, sous serres, a grand renfort d'engrais et de pesticides). Ils indiquent également que des entreprises ont été nationalisées. L'envers du décor est lorsque l'on regarde le bilan de ces entreprises apres la nationalisation. La plupart, florissantes avant, affichent un bilan négatif apres et périclitent ou ferment carrément. Finalement, aujourd'hui, plus de quatre-vingt cinq % des biens sont importés. Cela freine le développement des entreprises et coupe court a toute volonté d'entreprendre. Ainsi, les grands appels a projets, comme la construction de cités nouvelles, lieux de production, sont remportés par des entreprises brésiliennes, a coup de millions de dollars. Surgies de nulle part, on oblige des populations déplacées a y vivre. Petit a petit, les lieux sont désertés, les gens retournent vivre chez eux et finalement, les cités sont fermées.
Les exploitations pétrolieres nationalisées ne sont d'ailleurs qu'un embleme. En effet, seules deux ou trois ont fait lobjet d'accords impliquant plus particulierement l'état aupres des exploitants étrangers. Les véritables nationalisations ont eu lieu dans les années 194O. Dans les faits, le systeme n'a pas changé si ce n'est que les taxes imposées aux compagnies pétrolieres ont augmenté. D'ailleurs, le pétrole, celui destiné a la consommation vénézuelienne, est raffiné au Brésil. Une partie sert a alimenter les groupes électrogenes de Caracas, a hauteur d'un million de dollars par jour. Celui destiné a la vente aux Etats-Unis est raffiné par le Vénézuela dans de vieilles raffineries revendues par les américains.
Caracas est l'une des rares villes, voire la seule du pays, qui ne souffre pas de coupures d'électricité quotidiennes, pour d'évidentes raisons de sécurité, la ville est entourée de favelas. Partout ailleurs, les coupures sont le lot quotidien et peuvent parfois, en période de crise, de trop forte demande, aller jusqu'a 4 heures par jour, voire plus.
Les coupures d'eau sont également fortement répandues, de maniere quotidienne, et impliquent que la population provisionne l'eau dans de grands containers bleus que l'on voit sur les toits des maisons.
L'état des routes, cf article sur les déplacements au Vénézuela.
Dans ces mêmes endroits, l'état aide les communautés qui s'organisent a acquérir les moyens de leur développement, notamment en fournissant des véhicules 4x4 qui permettent aux habitants de se rendre au marché pour vendre leurs productions.
Nous avons déploré voir les paysans dans les montagnes utiliser des produits chimiques a tout va. Cela génere notamment de nombreuses maladies voire des deces car l'utilisation est massive et irraisonnée.
Tout au long de la route, de grands panneaux indiquent que des territoires, jusqu'alors propriétés privées, sont devenus biens nationaux, qu'on y cultive des tomates (transgéniques, sous serres, a grand renfort d'engrais et de pesticides). Ils indiquent également que des entreprises ont été nationalisées. L'envers du décor est lorsque l'on regarde le bilan de ces entreprises apres la nationalisation. La plupart, florissantes avant, affichent un bilan négatif apres et périclitent ou ferment carrément. Finalement, aujourd'hui, plus de quatre-vingt cinq % des biens sont importés. Cela freine le développement des entreprises et coupe court a toute volonté d'entreprendre. Ainsi, les grands appels a projets, comme la construction de cités nouvelles, lieux de production, sont remportés par des entreprises brésiliennes, a coup de millions de dollars. Surgies de nulle part, on oblige des populations déplacées a y vivre. Petit a petit, les lieux sont désertés, les gens retournent vivre chez eux et finalement, les cités sont fermées.
Les exploitations pétrolieres nationalisées ne sont d'ailleurs qu'un embleme. En effet, seules deux ou trois ont fait lobjet d'accords impliquant plus particulierement l'état aupres des exploitants étrangers. Les véritables nationalisations ont eu lieu dans les années 194O. Dans les faits, le systeme n'a pas changé si ce n'est que les taxes imposées aux compagnies pétrolieres ont augmenté. D'ailleurs, le pétrole, celui destiné a la consommation vénézuelienne, est raffiné au Brésil. Une partie sert a alimenter les groupes électrogenes de Caracas, a hauteur d'un million de dollars par jour. Celui destiné a la vente aux Etats-Unis est raffiné par le Vénézuela dans de vieilles raffineries revendues par les américains.
Caracas est l'une des rares villes, voire la seule du pays, qui ne souffre pas de coupures d'électricité quotidiennes, pour d'évidentes raisons de sécurité, la ville est entourée de favelas. Partout ailleurs, les coupures sont le lot quotidien et peuvent parfois, en période de crise, de trop forte demande, aller jusqu'a 4 heures par jour, voire plus.
Les coupures d'eau sont également fortement répandues, de maniere quotidienne, et impliquent que la population provisionne l'eau dans de grands containers bleus que l'on voit sur les toits des maisons.
L'état des routes, cf article sur les déplacements au Vénézuela.
Les opinions varient en fonction des classes sociales, et des lieux. Par exemple, a Maracaibo, la région pétrolifere, les velleites indépendantistes se renforcent. En effet, cette derniere, tres occidentalisée, a longtemps bénéficié des retombées financieres de l'exploitation pétroliere et voit d'un mauvais oeil les dispendieuses aides vénézueliennes accordées aux autres pays du sud du continent par le président.
Les classes sociales tres aisées, conscientes d'une réduction de leurs libertés et d'un nivellement vers le bas, affichent leur anti-chavisme, tout comme les universitaires.
Les classes moyennes semblent aujourd'hui déçues et désabusées d'une révolution en laquelle elles croyaient fermement et qui offre le spectacle d'une lucrative appropriation du pouvoir. Les bénéfices de la vente du pétrole, a hauteur de 4O dollars le baril, sont directement perçus par la banque centrale vénézuelienne. L'excédent est utilisé a discrétion par le gouvernement. Aujourd'hui le baril est a environ 12O dollars. La corruption fait rage a tous les échelons de la société, et le gouvernement se millitarise. L'omniprésence médiatique du président, liée a sa désormais célebre réputation d'avoir "une idée toutes les 3 minutes", sans que les projets envisagés ne dépassent l'effet d'annonce, renforcent la déception.
Les classes tres populaires et les campagnes affichent leur chavisme. Le président leur a permis de prendre conscience de leurs droits et a offert reconnaissance et dignité a une population jusqu'alors ignorée.
Elections présidentielles fin 2O12
Bien évidemment, ce n'est la qu'un aperçu car bien que faisant preuve de curiosité, et sortant des circuits touristiques, nous ne vivons pas au Vénézuela.
Nous pensions rester 3 semaines, nous nous sommes forcés a partir au bout de 6.
La musique regne en maître, nous avons fait des rencontres fabuleuses, nous avons découvert une nature merveilleuse et sauvage, dans la joie de vivre et le bruit, typiques des pays latins.
Nous avons pris le temps d'observer, d'échanger, de partager.
Nous avons pris rendez-vous pour tres bientôt...
Ah ! les voyages,
RépondreSupprimerAux rivages lointains,
Aux rêves incertains,
Que c'est beau, les voyages
On a lu votre article avec Fred et attention.... ça fait 1 heure qu'on en discute ! Vivement votre retour pour en parler !!!!
RépondreSupprimerBisous