jeudi 16 juin 2011
En marche vers...
Partir en groupe pour se sentir moins seuls et pour n'être qu'avec soi-même...
Emprunter des sentiers que la pluie a volé a la terre et que les sabots des mules ont raviné,
S'élever pour porter plus loin le regard sur la vallée,
S'enfoncer plus avant au cœur de la forêt,
Quitter les villages pour ne voir apparaître que quelques fincas éparses,
Se rapprocher, pas a pas d'un entre-vallées qui joue avec la neblina,
User des tours et détours du chemin pour se fondre petit a petit dans la végétation,
Se laisser envelopper par la pluie,
Jouer a glisser et patauger,
S'imbiber des éléments pour mieux apprécier la chaleur du repas partagé.
S'enjouer a gravir les pentes pour toujours s'émerveiller,
Sentir que l'on se rapproche,
Ne pas ménager son effort pour se réjouir de l'avoir accompli,
Traverser les touffes blanches du linge qui sèche a l'approche des maisons,
Être conscient que le sentier se laisse emprunter,
Être conforté en ce sens par les échanges a la lueur de la bougie,
Savoir que demain sera une journée particulière.
Partir au petit matin, profiter des odeurs qu'exhale la trace suivie,
Se sentir happés par le but,
Passer le rio comme le dernier bain avant le sanctuaire,
Gravir les marches d'un pas léger,
Arriver a l'entrée du site et percevoir ce moment précieux,
Accomplir le rite pour que le lieu s'ouvre,
Le pénétrer lentement, par petites touches,
En son cœur, le laisser se révéler par le silence de sa beauté,
Se rendre au point le plus élevé et dominer ce sanctuaire auquel la végétation offre un écrin,
Humer le lieu, se l'approprier, doucement,
Mâcher la coca et y puiser l'énergie du chemin,
Quitter la partie haute a regret,
Regagner l'entrée puis accomplir le rite,
Le remercier et décharger notre besace pour repartir pleins de lumière et d'émotion,
Redescendre les marches la gorge serrée,
Retraverser le rio et refermer la porte,
Revenir sur nos pas, plein de tristesse et d'avec soi.
Cheminer et être initié des bienfaits de la forêt,
Apprendre a la connaître mieux.
Apprendre encore de cette culture Kogi,
Rencontrer la dame qui tisse et observer son geste,
Retrouver le groupe pour ne plus être qu'avec soi-même,
Profiter une fois encore de la beauté de la nature.
Revenir, petit a petit, au monde civilisé,
Suivre le sentier tracé par le pas de la mule au son du "mulo, mula",
S'enivrer du temps donné par la saveur du bruissement du café,
L'allégresse des regards échangés,
Fêter, chanter, danser,
Reprendre la vie où on l'avait laissée,
Un peu moins lourd et un peu plus riche...
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire